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De la famille institution à la famille-pacte qui n’éduque pas

En même temps que l’augmentation des unions de fait et autres développements affectent la famille, sa taille, et la situation des parents, on assiste à un changement des valeurs, avec une dévaluation des notions de devoir et de responsabilité sociale, et une recherche de plus de liberté individuelle et d’autosatisfaction.

Un rapport sur la situation démographique dans les pays de l’Union Européenne lorsque celle-ci en comptait quinze concluait que « la famille, qui, dans le passé, fonctionnait comme institution et moyen d’intégration sociale, est devenue un pacte entre deux individus cherchant leur satisfaction personnelle ». Quand cette satisfaction a été atteinte, l’unité familiale se désintègre souvent.

Cette fragilisation de la famille, cette transformation de ce que recherchent les parents, et le fait qu’une grande partie des mères travaillent maintenant hors du foyer a entraîné un manque croissant dans ce qui était le rôle traditionnel de la famille : l’éducation.

Le phénomène le plus marquant est la diminution du temps que les parents passent avec leurs enfants : on a calculé que, aux Etats Unis, les parents passent aujourd’hui 40% moins de temps avec leurs enfants que ne le firent les parents de la génération précédente.

Rob Parsons, auteur du livre The sixty minutes Father (1987) et président de l’association anglaise "Care for the family", rapporte dans son livre les résultats d’une enquête faite par cette association auprès des pères de famille: plus de la moitié des pères interrogés consacraient moins de cinq minutes par jour à parler avec leurs enfants - qui eux mêmes passaient trois heures par jour devant la télévision. « Ce résultat ne m’a pas du tout surpris », a-t-il déclaré. « Ce ne sont point de mauvais pères. Ce sont des hommes pris au piège dans une image d’eux mêmes qui dit que l’on ne peut pas décemment quitter son bureau à 6 heures du soir ».

Cette absence du père n’est pas compensée par une présence plus grande de la mère, au contraire, puisqu’un nombre toujours plus important de femmes rejoignent le monde du travail, poussées par les besoins matériels, par la recherche de leur auto-accomplissement, ou par les deux. Dans certains pays européens comme la Suède et le Danemark, le pourcentage d’hommes et de femmes au travail est devenu à peu près égal. Dans les autres pays, la part des femmes dans la main d’œuvre augmente rapidement, de 20% en cinq ans en Espagne, Belgique, et Hollande. Il est clair que les femmes au travail ont moins de temps à consacrer à leur enfant.