L’Eglise, qui avait suivi depuis longtemps le développement de ces idéologies anti-famille qui, du reste, la visaient directement en tant qu’institution support et garant de la famille, n’a certes pas été la dernière à s’émouvoir devant le développement de cette crise de la famille contemporaine. Elle a toutefois été préoccupée du caractère néfaste de cette crise non pas tant au niveau sociologique, où les statistiques parlaient d’elles mêmes, qu’au niveau des valeurs que cette crise mettait en péril. Cette analyse de la crise de la famille dans le Magistère de l’Eglise a été plus particulièrement développée dans l’Exhortation Apostolique Familiaris Consortio (1981), dans la « Lettre aux Familles » Gratissimam Sane (1994) et dans l’Encyclique Evangelium Vitae (1995) du Pape Jean Paul II.
A. La société contemporaine est sensible à un ensemble de valeurs
Le premier constat de l’Eglise est que tout n’est pas négatif dans l’évolution actuelle de la société, et de la famille au sein de cette société. Au n.27 de son Encyclique Evangelium Vitae, le Pape Jean Paul II observait en premier lieu que la société contemporaine était sensible à tout un ensemble de valeurs auxquelles les générations précédentes n’avaient porté qu’une attention discrète. Il y a unanimité aujourd’hui dans la dénonciation du racisme, du mépris des libertés individuelles, de la torture, des misères sociales et des inégalités.
B. Lumières et ombres sur les valeurs de la famille
Si notre société contemporaine n’est pas sans valeurs ni signes d’espérance, sur des plans aussi variés que ceux des droits de l’homme ou de la protection de la vie et de la santé des plus faibles, elle laisse cependant, pour Jean Paul II, à désirer en d’autres points et tout particulièrement en ce qui concerne les valeurs de la famille :