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La famille n’est pas vue comme un bien nécessaire

Au cœur du soupçon posé sur l’institution familiale par les tenants de différentes thèses contre la famille, se trouve l’idée que la famille est un obstacle au bonheur’ de l’homme. On considère que les valeurs que la famille porte, soutient et transmet sont en fait des carcans répressifs, empêchant la spontanéité du sexe et la liberté des choix individuels. On estime que la famille traditionnelle, fondée sur le mariage, est un obstacle à l’exercice de la liberté de l’homme et de sa conscience, et à la libre orientation que les personnes veulent donner à leur vie. Par une action concertée, avec une activité toute particulière des mass médias qui proposent des images et des « modèles » existentiels de comportement opposés à la fidélité du couple, et à la chasteté pré-matrimoniale et conjugale, la famille, fondée sur le mariage, est caricaturée comme une atteinte institutionnalisée à l’idéal d’un amour sans entraves, confondu fréquemment avec le plaisir sexuel.

A la base de ce soupçon sur la famille, se trouve un profond désajustement de caractère anthropologique qui cache la vérité de l’homme et de la femme, la vérité de l’existence et de la famille, la vérité sur la sexualité. Il y a un obscurcissement de caractère conceptuel qui génère une terrible confusion (Gratissimam Sane] n°13, n°20) :
« Pourquoi cela se produit-il? », demande le Pape Jean-Paul II. « La raison réside dans le fait que notre société s’est détachée de la vérité plénière sur l’homme de la vérité sur ce que sont l’homme et la femme comme personnes. Par conséquent, elle est incapable de comprendre de manière exacte ce que sont réellement le don des personnes dans le mariage, l’amour responsable au service de la paternité et de la maternité, l’authentique grandeur de la procréation et de l’éducation ».

Il est certain que notre civilisation, dans la mesure où elle est inspirée par une mentalité de consommation, permissive et antinataliste, ne peut pas comprendre cette vérité du couple humain et de la sexualité parce qu’elle a perdu le sens de l’amour vrai, du « bel amour », comme dit Jean Paul II (Lettre aux Familles Gratissimam Sane n°13). C’est parce que notre société s’est laissé prendre aux discours utilitaristes et hédonistes que sa conscience s’est obscurcie et qu’elle présente cette confusion des concepts, cette profonde « crise de la vérité » qui la rendent incapable de percevoir le bon et le vrai là où ils se trouvent.

Ce doute sur le bien que la famille peut apporter à l’homme s’est malheureusement traduit depuis plusieurs années, de façon très concrète, par un abandon des mesures antérieurement prises en faveur de la famille, dans le cadre de restrictions budgétaires sélectives, et par un manque de respect croissant pour les droits de cette famille.

Le phénomène de l’ignorance et de la violation des droits de la famille est malheureusement loin d’être rare. Il n’y a qu’à examiner la façon dont les programmes d’éducation sexuelle ont été instaurés dans nombre d’écoles de part le monde dans le plus total mépris pour l’opinion des parents; ou bien l’absence de tout effort pour permettre la réunion des couples séparés par les impératifs économiques; ou bien encore l’absence totale de considération pour la situation de la femme comme épouse et mère lors de l’embauche et pour la garantie de la permanence de l’emploi; ou encore les pressions exercées sur la famille contre le droit à l’enfant. La liste serait malheureusement trop longue de ces violations quotidiennes des droits les plus fondamentaux du couple et de la famille. Et quand des politiques dites "en faveur de la famille" sont instituées, il s’agit en fait de politiques sociales ou simplement humanitaires, visant les cas les plus défavorisés et non de vraies politiques familiales tenant en compte l’identité de la famille et sa qualité de « sujet social » (Gratissimam Sane n°17). C’est cela que le Saint-Père, défenseur infatigable de la Famille, dénonce en ces termes dans l’Exhortation Apostolique Familiaris Consortio :
« Les lois et les institutions méconnaissent, contre toute justice, les droits invincibles de la famille et même de la personne humaine, et la société, loin de se mettre au service de la famille, l’attaque violemment dans ses valeurs et dans ses exigences fondamentales » (Familiaris Consortio n°46).