print

Le « cocon familial »

Les jeunes quittent le foyer familial de plus en plus tard, vers 22 ans pour les filles et autour de 27 ans pour les garçons, tout en y restant liés. Certains, étudiants ou chômeurs, y reviennent le weekend. Un aspect particulier : la cohabitation prolongée des jeunes avec leur famille. L’enfant ne quitte pas le domicile parental, bien qu’il soit devenu adulte. Il s’y sent bien, y trouve son refuge.

Nous assistons de plus en plus aujourd’hui à la diffusion chez les jeunes adultes, plus particulièrement de sexe masculin, de ce que certains ont appelé le « syndrome de Peter Pan », de ce que d’autres appellent l’« interminable adolescent », et de ce que l’ont peut définir psychologiquement comme une forte tendance narcissique, empêchant le sujet de se détacher de la quiétude du foyer parental et d’entrer dans une relation affective stable avec autrui. Ce sont ces « adolescents attardés » qui arrivent à 28-30 ans sans avoir réussi à se détacher de leur mère, ni à avoir établi une relation d’amitié profonde et responsable avec autrui. Leur vie affective et sexuelle est marquée par la superficialité, l’égoïsme, et l’incapacité à entrer dans une vraie relation de type conjugal. Si ces hommes ou ces femmes se marient, ils divorcent à répétition et se montrent incapables d’assumer une responsabilité de parent. Quand on examine leur situation familiale, on se rend compte qu’ils ont été en général privés de la figure paternelle dans leur enfance, soit qu’il y ait eu séparation des parents, soit que le père ait été absent à sa famille, trop préoccupé par son travail ou ses loisirs personnels pour consacrer un peu de temps à ses enfants.