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Le concubinage

La situation de fait qui se rencontre dans de nombreux pays en voie de développement, et aussi, pour différentes raisons, dans les pays développés, se caractérise par l’existence de nombre de « couples de fait », où hommes et femmes vivent dans le concubinage sans chercher à faire reconnaitre leur couple par l’Etat ou l’Eglise. Ceci, avec l’exception historique des unions dites « libres » qui ont exprimé en leur temps un refus conscient des mœurs de la « société bourgeoise », n’est pas déterminé par une conviction théorique ou par une idéologie, mais tient plutôt à l’ignorance, à une vie désordonnée, ou à l’impossibilité matérielle de fonder un foyer. Dans bien des cas, une fois levés les obstacles, ces situations peuvent évoluer vers le mariage, pour autant que ce dernier soit encouragé.

En Amérique Latine, et dans les minorités noires et hispaniques d’Amérique du Nord, le phénomène des « unions de fait » existe depuis longtemps sans avoir émotionné outre mesure les gouvernants et les juristes. Dans ces pays, une grande partie des hommes et des femmes ne se marient pas, mais cohabitent et ont souvent de nombreux enfants. Ceci ne relève pas de l’idéologie du « gender » et de la diffusion de l’homosexualité, mais correspond au défaut d’éducation, à l’ignorance, à la pauvreté, à un mode de vie désordonné, aux difficultés objectives pour créer un véritable foyer conjugal, et à une vision machiste de la relation conjugale, dans laquelle l’homme a tous les droits, à commencer par celui de procréer sans se marier, et de changer de compagne avec une grande facilité, tous ces facteurs étant plus ou moins conjugués. Nombre de ces « unions de fait » correspondent à des couples qui vivent comme mari et femme et qui, bien que n’ayant pas demandé une reconnaissance de leur état de la part de l’Etat ou de l’Eglise, actualisent tous les éléments d’un véritable mariage. Cet état de fait ne constitue pas en soi une nouveauté.

En Afrique et dans certains pays asiatiques, où la culture favorise la fécondité, il est fréquent de voir homme et femme cohabiter pour un temps dans une « union de fait » appelée à se transformer en mariage lorsque vient la conception ou la naissance du premier enfant. On ne peut pas réellement inclure dans le cadre des « unions de fait » cette entrée « par étapes » dans le mariage, propre à une pratique traditionnelle.

En Amérique du Nord et en Europe, il y a de nombreux couples qui hésitent devant les responsabilités du mariage, repoussant celui-ci jusqu’à ce que la conception ou la naissance de leur premier enfant les décide à régulariser leur situation. Certains autres couples refusent le mariage par mépris, contestation, rejet de l’institution familiale, dans le sillage de la dite « révolution sexuelle » des années soixante. D’autres couples encore, inquiets de leur futur, pratiquent le « mariage à l’essai ». D’autres ne peuvent se marier pour des raisons économiques, de chômage, d’études, de manque de logement, d’instabilité, d’incertitude sur le futur. D’autres enfin vivent en concubinage parce qu’ils n’ont pas l’intention de porter cette cohabitation en un véritable projet de vie.

Ces différentes situations ne sont pas comparables entre elles, et requièrent des réponses pastorales spécifiques. Elles correspondent cependant, grosso modo, à ce qu’on a entendu de tout temps sous le terme de « concubinage », avec ce que ce terme connote d’aléatoire, de provisoire, de transitoire. Ces situations « de fait » sont toutes caractérisées par le fait qu’elles ne requièrent pas de reconnaissance sociale et juridique et ne sont pas ouvertes au mariage, au moins dans le moment présent. Mais elles peuvent évoluer vers l’engagement réciproque, le mariage et la fondation d’un foyer conjugal et d’une famille pour peu qu’on les y encourage et que disparaissent les obstacles à ce mariage.