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Le mouvement en faveur du contrôle des naissances

Thomas Malthus, jeune pasteur anglican, avait publié en 1798 son Essai sur le principe de la population. Il y affirmait que, « si elle n’était pas contenue, une population doublait tous les vingt-cinq ans, selon une augmentation de type géométrique », tandis que la progression alimentaire se faisait selon une progression de type arithmétique. Il pensait ainsi que la population en Angleterre s’élèverait à 175 millions d’habitants vers 1900, alors que la production alimentaire ne pourrait nourrir que 55 millions de personnes. Thomas Malthus préconisait d’enrayer la natalité par des « méthodes morales », c’est-à-dire en retardant les mariages. Non seulement il ne recommandait pas la contraception mais il ne l’envisageait même pas. L’ouvrage de Malthus allait fournir les bases d’une argumentation solide en faveur du contrôle des naissances au XIXème siècle.

En 1860 George Drysdale, l’auteur de The elements of Social Science; or Physical, Sexual and Natural Religion, créa en Angleterre une ligue malthusienne. Destinée à promouvoir la pratique de la contraception, cette ligue n’eut pas de succès. C’est en 1877 que se produisit le premier changement dans l’opinion publique : le gouvernement anglais attaqua en justice Annie Besant et Charles Bradlaugh pour avoir distribué le texte américain sur la contraception de Charles Knowlton The Fruits of Philosophy. Le procès fut perdu et la publicité fut immense. Dans les trois années qui suivirent, le livre se vendit à deux cent mille exemplaires. La diffusion massive de l’information contraceptive avait commencé.

Une nouvelle Ligue Malthusienne fut crée en 1878. Elle entreprit aussitôt de gagner le public anglais à la contraception en donnant celle-ci comme un remède à toutes les misères attribuées à la surpopulation et au « surnombre d’enfants ». Apparurent rapidement hors d’Angleterre d’autres Ligues Malthusiennes : en Allemagne (1889), en Bohême (1901), en Espagne (1904), au Brésil (1905), en Belgique (1906), à Cuba (1907), en Suisse (1908), en Suède (1911), en Italie (1913).