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Les familles recomposées

Si la situation des enfants vivant avec un seul parent à la suite d’un divorce ne peut être estimée heureuse, il semblerait que celle des enfants vivant dans des familles « recomposées », avec leur mère et un « beau-père », soit pire. Alors que 5,5% des enfants vivant avec leurs deux parents présentent des difficultés à apprendre, ce pourcentage s’élève à 7,5% chez les enfants vivant avec la mère biologique séparée du père, et à 9,1% chez les enfants vivant avec leur mère et un beau-père. 8% des enfants vivant avec leurs deux parents présentent un problème émotif ou de comportement. Ce pourcentage s’élève à 19,1% chez les enfants vivant avec la seule mère biologique et à 23,6% chez ceux vivant dans une famille « reconstruite ». 14,6% des enfants vivant avec leurs deux parents ont un problème émotif, de développement ou d’apprentissage; ce pourcentage monte à 24,8% chez les enfants vivant avec la seule mère biologique, et à 29,6% ceux vivant dans une famille « reconstituée » [1].

Faiblesse de la personnalité, tendance au narcissisme, manque de confiance en soi, difficultés dans les relations sociales, développement intellectuel inférieur à la moyenne, persistance du niveau moral à un stade fruste avec manque de développement de la conscience et du jugement, difficultés à entrer dans une relation conjugale stable à cause de la labilité affective et de l’égoïsme de la personne, désintérêt vis à vis des enfants et de leur éducation, et, dans les cas plus graves, tendance à une attitude aliénée vis à vis de la société, avec crime ou suicide, tel est le tableau désolant que laisse donc derrière eux l’absentéisme parental, la démission des parents de leur rôle éducatif, et, plus encore, la rupture du foyer familial par le divorce, suivi souvent d’une « recomposition » imposée à l’enfant et volontiers dévastatrice.

[1] N. Zill, C. Schoenbom, Developmental, Learning and Emotional Problems. Health of Our nation’s children. National Center for Health Statistics, Advance Data, n. 190, nov.16 1990, pp. 1-5.