La crise de la famille, en particulier en Europe, est prise aujourd’hui comme un fait de la vie contemporaine, sur lequel on évite en fait de trop réfléchir. En pratique on se contente de parer, au coup par coup, aux conséquences négatives de la dégradation de la famille, sur le plan des ratées éducatives, de la criminalité, du vieillissement de la population, du problème des retraites, ou de l’immigration dont on a besoin pour faire tourner les usines, à l’heure de l’hiver démographique, mais dont on redoute en même temps les conséquences sociales pour l’harmonie civile. Pourtant, cette crise de la famille, avec laquelle nous vivons désormais et dont nous subissons les conséquences, n’est pas venue de nulle part et n’est pas sans explication. Si l’on désire réellement lutter contre les conséquences néfastes de la crise de la famille, il est indiqué d’en connaître les origines, les racines, et ce qui la nourrit aujourd’hui.
A. Les idéologies contraires à la famille et à ses valeurs
Il faut d’abord reconnaître que cette « crise de la famille » n’est pas innocente : elle a été préparée, voulue et entretenue par un certain nombre de groupements idéologiques hostiles de longue date à la famille et aux valeurs de la famille, et qui ont pris une influence croissante dans les décisions, au niveau des parlements nationaux et des instances internationales. Il existe bien, aujourd’hui, dans notre civilisation, une tendance hostile à la famille et à tout ce qu’elle représente, tendance qui est apparue au grand jour en 1994, à l’occasion de l’Année de la Famille, en particulier dans les discours prononcés dans les instances internationales. La conférence du Caire a eu au moins ce mérite de clarifier la situation en faisant sortir cette idéologie anti-famille et anti-enfant de son ombre et en l’amenant à s’exprimer clairement. Cette idéologie n’est pas une excroissance récente ayant bourgeonné en quelques mois, à la façon des champignons, sur le tronc de notre civilisation technique et efficace. Elle est le fruit d’une lente et profonde évolution des esprits qui a pris ses racines au siècle dernier dans le mouvement pour le contrôle des naissances, et s’est grossie en notre siècle du courant féministe et du courant libertaire dit de la « révolution sexuelle ».
Différentes étapes :
1) Le mouvement en faveur du contrôle des naissances
2) L’idéologie féministe
3) La préoccupation démographique contemporaine
4) La « révolution sexuelle »
B. Le projet culturel et politique contre la famille
La combinaison de l’idéologie du contrôle démographique, du féminisme radical et de l’idéologie de la révolution sexuelle a abouti en notre temps à un « mode de penser politiquement correct », largement relayé par les mass médias, toujours plus tolérant vis-à-vis de l’union libre, du divorce, du refus de l’enfant et de l’avortement, et toujours plus critique vis-à-vis de la famille - qualifiée de « traditionnelle ».
Cette tendance « anti-famille » s’est manifesté ouvertement en 1994, tout particulièrement lors de la préparation de la Conférence du Caire. En analysant les écrits, discours, déclarations inspirées de ce courant anti-famille, on peut ramener les thèses de ce mouvement à trois :
1) La famille n’est pas vue comme un bien nécessaire
2) La famille incertaine et indéfinissable
3) La famille, consensus social modifiable
C. Les raisons de la diffusion actuelle des unions de fait
Aujourd’hui, la question des « unions de fait » se trouve associée avec la requête homosexuelle, dans une même attaque contre le mariage et la famille « traditionnelle ». Dans la conception qui prévaut maintenant dans certaines institutions et certains gouvernements, la famille « traditionnelle », fondée sur le mariage, et héritée des cultures du passé, ne doit plus être qu’un modèle parmi d’autres d’union purement contractuelle.